mer!

Mer !
Quand en spectateurs indignes et ivrogneries sordides
Se déguise puis défile ton théâtre de l’absurde
Mer !tu enfantes des sourires les plus morbides
Tout ce que l’humanité enterre de plus lucide.
Quand la pluie chasse de toi la vie et sa bévue
Pour ne laisser place qu’au mutisme des cœurs déçus
Puis quand le soleil vient ressusciter dans les bras de ton eau
Mer !tu honore ma folie de jouissance ambigüe
Semblable aux poignards dans les cœurs lourds de fardeaux
Toi qui recueille les lamentations des corps incinérés
Et les chante dans les oreilles de mes instinctives réflexions
A en faire tomber les nauséabonds masques de mes illusions
Puis écoute les tréfonds de mon inconscient, larmoyer et vociférer
Tel un poison envahissant, subtilement, les veines de la bête
Mer ! Tes vagues me pénètrent jusqu’aux bouts des ongles
Me dévêtir de ma peau, en suit, un dépaysement dans ma tète
Ne serait ce donc l’inaccessible néant qu’un océan qui ronfle !
Et quand ton vent caresse les voiles du bateau qui s’enfuit
A l’aube pour une autre aventure vers un royaume sans bataille
Mon attention le suit car tout comme lui, mon cœur fuit
Vers ce nulle part si lointain de moi, puis quand vient la nuit
Le bateau retrouve le port et moi je retrouve mes entrailles
Ainsi je rentre avec la salive au gout du sel
Et le corps aux frissons des femmes infidèles
Apres une noyade hivernale dans le bleu de l’océan
Mais sur mon âme blasée ! l’hypnose de l’insoucieux néant.